Huit fabricants allemands de remorques lancent un appel à l’aide concernant Vecto

Date de publicaton: 29 juin 2026

Avec sa campagne SOS très médiatisée à Burtenbach, Kögel a attiré l’attention sur l’impact du règlement européen VECTO sur le secteur des transports. Parmi les personnes présentes figurait Huber Aiwanger, vice-ministre-président de Bavière, qui soutient l’appel du constructeur de semi-remorques à fixer des objectifs de réduction des émissions de CO₂ techniquement réalisables afin de préserver l’emploi, la création de valeur industrielle et la compétitivité de l’Allemagne en tant que site d’implantation d’entreprises.

VECTO (Outil de calcul de la consommation énergétique des véhicules) est un modèle de calcul développé par l’Union européenne qui attribue une valeur de CO₂ calculée aux semi-remorques. Ce modèle repose sur le règlement (UE) 2024/1610, qui impose aux constructeurs de réduire cette valeur simulée de 10 % d’ici 2030. Du point de vue de l’industrie, ce règlement pose toutefois un problème majeur : les semi-remorques ne possèdent pas de système de propulsion propre et ne produisent donc pas d’émissions directes de CO₂. De plus, l’évaluation est basée sur des données de simulation et non sur des émissions mesurées en conditions réelles d’exploitation. Selon les constructeurs, la méthodologie ne tient pas suffisamment compte des contraintes physiques ni de la réalité des opérations de transport quotidiennes.

Conséquences possibles : amendes, hausse des prix des véhicules et suppressions d’emplois.

Selon Kögel, les objectifs de réduction requis sont inatteignables avec la technologie actuelle. L’entreprise risque donc des amendes annuelles pouvant atteindre 64 millions d’euros. Pour compenser cette charge financière, le prix des semi-remorques pourrait augmenter de 50 %. De telles hausses de prix impacteraient l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, des transporteurs aux consommateurs finaux. Parallèlement, Kögel alerte sur le risque de suppression d’environ 1 000 emplois. À l’échelle européenne, la réglementation actuelle pourrait impacter près de 70 000 emplois dans le secteur des semi-remorques.

Investissements à Burtenbach menacés.

Ces dernières années, Kögel a investi des millions d’euros dans l’usine de Burtenbach, notamment dans la construction d’une nouvelle ligne de production pour véhicules frigorifiques et l’agrandissement du site pour la création d’un hall de production supplémentaire. Cependant, ces investissements et le développement à long terme de l’installation sont aujourd’hui menacés par les conséquences économiques potentielles de la réglementation VECTO. Le vice-ministre bavarois, Hubert Aiwanger, a déclaré : « Le secteur des transports et de la logistique n’a absolument pas besoin de charges supplémentaires dues à une réglementation bruxelloise irréaliste et excessive. Nos entreprises ne doivent pas être soumises à des exigences déraisonnables. Les PME, en particulier, ne disposent pas de ressources financières et technologiques illimitées pour absorber l’impact de telles réglementations à court terme. Pour nombre d’entre elles, les objectifs européens de réduction des émissions de CO₂ des remorques constituent une menace sérieuse pour leur viabilité économique, avec des conséquences directes pour des milliers d’emplois. Au lieu de la menace d’amendes, nous avons besoin de solutions pragmatiques et réalistes permettant de réaliser de véritables économies de CO₂. »

Huit constructeurs contestent la réglementation européenne.

Huit constructeurs européens de remorques ont intenté une action en justice contre la réglementation et demandent une révision des dispositions actuelles. Cette action ne vise pas la protection du climat en elle-même, mais des exigences que les entreprises jugent techniquement irréalisables et économiquement disproportionnées. « Nous avons déjà réalisé des progrès significatifs dans ce domaine », déclare Markus Siegner, PDG de Kögel Trailer GmbH. « Nos véhicules durables et légers contribuent depuis des années à la réduction de la consommation de carburant et des émissions de CO₂. La réglementation VECTO actuelle ne reflète pas la réalité du secteur des transports et exerce une pression énorme sur des entreprises comme Kögel. Nous avons besoin de solutions pragmatiques qui concilient protection du climat et compétitivité industrielle. »

Appel à des objectifs climatiques réalistes

À travers la campagne SOS de Burtenbach, Kögel appelle à une révision de la réglementation VECTO. Selon l’entreprise, le soutien du vice-Premier ministre Hubert Aiwanger et la plainte déposée par huit constructeurs soulignent l’urgence d’une action politique. Kögel reste attachée au développement durable, aux solutions de transport respectueuses du climat et à l’innovation. L’entreprise insiste toutefois sur le fait que la réalisation de ces objectifs exige une réglementation à la fois techniquement réalisable et économiquement viable.

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