Le Forum bruxellois sur la mobilité se tiendra le mardi 23 juin. La journée débutera par une présentation du volet mobilité de la Déclaration de politique régionale par la ministre bruxelloise de la Mobilité, des Travaux publics et de la Sécurité routière. Concernant la sécurité routière à Bruxelles, l’UPTR estime que la matinée devrait commencer par une minute de silence en mémoire des victimes de la politique de (im)mobilité menée par la ministre Elke Van den Brandt.
Et à juste titre : le nombre de décès sur les routes bruxelloises aura doublé d’ici 2025.
Le nombre de victimes est passé de 10 à 20 décès. Un bilan tragique. Les causes, et les responsabilités politiques, sont pourtant clairement identifiées.
Elles ont un nom : les trottinettes électriques. Pas moins de 80 exposants ont confirmé leur participation, dont les huit marques traditionnelles de camions. « Comme chaque année, l’UPTR réalise une analyse approfondie du baromètre annuel de la sécurité routière établi par l’Institut Vias. Cette analyse comparative permet à l’UPTR de tirer des enseignements précieux dans le cadre de sa mission d’information et de plaidoyer professionnel. La sécurité routière est en effet une priorité politique légitime, ainsi qu’une préoccupation quotidienne majeure pour chaque entreprise de transport et chaque conducteur professionnel », explique Michaël Reul, secrétaire général de la fédération professionnelle du secteur Transport & Logistique.
Les principales conclusions de Vias pour 2025 sont les suivantes :
Nombre de décès sur les routes le plus bas jamais enregistré
En 2025, le nombre de décès sur les routes a atteint son niveau le plus bas jamais enregistré. 445 personnes ont perdu la vie, contre 455 en 2024 (-2 %). Le nombre d’accidents corporels a cependant augmenté, passant de 35 605 à 36 621 (+3 %).
Diminution de la gravité des accidents
Le fait que le nombre d’accidents augmente, mais que le nombre de décès diminue, montre que la gravité des accidents est en baisse. En 2016, on comptait encore en moyenne 16 décès pour 1 000 accidents corporels ; en 2025, ce chiffre était de 12.
Baisse en Wallonie et en Flandre, forte hausse à Bruxelles
En Flandre, 234 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la route en 2025. C’est 14 de moins qu’en 2024 (-6 %). En Wallonie également, le nombre de décès a diminué, passant de 197 à 191 (-3 %). À Bruxelles, la tendance est très préoccupante. Le nombre de décès sur les routes y a doublé, passant de 10 à 20. Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis 2022. Cependant, le nombre d’accidents corporels a augmenté de 3 % dans toutes les régions. En Flandre, il est passé de 22 024 à 22 642, en Wallonie de 9 902 à 10 190 et à Bruxelles de 3 679 à 3 789
Augmentation du nombre de décès impliquant des trottinettes électriques et des camionnettes de livraison
Le nombre de décès de piétons a diminué au niveau national, passant de 70 à 52, soit le chiffre le plus bas jamais enregistré. On observe également une tendance favorable chez les cyclistes (de 86 à 79 décès) et les occupants de voitures (de 198 à 191). Cependant, le nombre de décès impliquant des personnes se déplaçant en trottinette électrique a fortement augmenté en un an, passant de 4 à 13. Le nombre d’accidents corporels dans cette catégorie a également progressé de 34 %. Le nombre de décès dans les accidents impliquant des camionnettes a lui aussi augmenté, passant de 35 à 50. Comme à son habitude, l’UPTR a également contextualisé les principaux chiffres du baromètre, en accordant une attention particulière aux accidents impliquant des camions.
De cette analyse statistique, l’UPTR tire les principaux enseignements suivants :
Les accidents corporels sur autoroute représentent 7,08 % de l’ensemble des accidents corporels et 14,06 % des décès sur les routes. Les accidents impliquant des fourgonnettes représentent 8,71 % des accidents corporels (en baisse) et 11,24 % des accidents mortels. Les accidents impliquant des camions sont en baisse structurelle d’année en année. Ils représentent 4,23 % des accidents corporels mais 16,18 % des accidents mortels (également en baisse). Les cyclistes (79) et les utilisateurs de trottinettes (13) représentent ensemble 20,67 % des décès sur les routes. Les chiffres relatifs aux accidents impliquant des cyclistes et des utilisateurs de trottinettes sous-estiment la réalité et « ne représentent que la partie émergée de l’iceberg, car dans de nombreux cas, la police n’est pas appelée lorsqu’une personne à trottinette électrique chute » (selon VIAS, baromètre annuel 2024).
Ces données statistiques permettent à UPTR de tirer des conclusions assez évidentes.
« L’intimidation policière dont sont victimes quotidiennement les chauffeurs routiers sur les autoroutes frise aujourd’hui l’indécence. Les amendes infligées aux transporteurs sont totalement déconnectées de la réalité en matière de sécurité routière. Si les autorités politiques bruxelloises avaient réellement voulu s’attaquer au problème de la sécurité routière, des dizaines de morts et des milliers de blessés auraient pu être évités. À Bruxelles, où le nombre de décès a doublé (20 au lieu de 10), il semble même possible d’être reconduit au poste de ministre de la Mobilité. Peut-on imaginer une telle situation ? »







