Ces derniers mois, le ‘Paquet Mobilité’ a déjà fait beaucoup parler de lui …
Selon l’adage politique : « Tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout, il n’y a d’accord sur rien », à ce jour, les transporteurs ne savent donc toujours pas à quelle sauce ils seront mangés.Comment préparer l’avenir économique de son entreprise dans ces conditions ?
La semaine dernière l’UETR a informé ses membres de la tentative de plusieurs députés européens (allemand, finlandais et tchèque) de relancer la machine européenne avec une (énième) proposition de compromis sur les points les plus essentiels.
C’est peu dire que, pour l’UPTR, cette proposition est parfaitement imbuvable pour lestransporteurs belges …
1. Repos hebdomadaire ‘normal’ (de 45h)
Alors que le Conseil d’Etat a récemment et définitivement donné raison à l’Etat belge dans le dossier ‘Vaditrans’ en confirmant l’interdiction de prendre, en Belgique, un repos hebdomadaire normal (de 45 heures) en cabine, il apparaît de moins en moins improbable que l’Europe fasse finalement marche arrière …
N’en déplaise au syndicat européen ETF (et ses influents représentants belges …) le lobby de certainspays de l’Est est constant pour prévoir une exception à ce principe d’interdiction.
En insérant un paragraphe précisant que le repos hebdomadaire normal est interdit « sauf si le camion est garé dans un parking sécurisé équipé », il faudrait vraiment être d’une naïvetéenfantine pour ne pas comprendre qu’en fait, le repos hebdomadaire normal de 45 heures, sera,de facto, à nouveau autorisé …
Le seul mérite de cette précision juridique sera de clarifier, une fois pour toute, le texte du Règlement européen sur les temps de conduite et de repos …
A ce jour, les transporteurs européens doivent en effet toujours se satisfaire de ce qui estincontestablement une interprétation (à contrario) d’un texte qui ne prévoit pas explicitementcette interdiction.
Du pain béni pour les avocats … Et rien que des emmerdes pour les transporteurs (belges) !
Avec l’insertion de cette exception, plus besoin pour les chauffeurs internationaux qui sillonnent déjà nos routes depuis bien longtemps, d’encore sortir leurs tentes Décathlon, pour (faire semblant de) dormir ‘en dehors’ de leurs cabines … Il leur suffira de trouver un parking ‘sécurisé’ équipé d’un (night) shop vendant des bonbonnes pour leurs traditionnels réchauds à gaz.
La plupart des stations-services répondent d’ailleurs déjà aux habitudes de ces milliers de campeurs professionnels et leurs gazinières portables.
En fait, peut-être cet ajout législatif mettra-il simplement fin à une certaine hypocrisie …
Symboliquement, il s’agira cependant d’une ‘Bérézina’ pour l’Alliance routière des pays de l’Europe occidentale.
2. Détachement
Pire encore, les concessions proposées par ces députés européens quant au volet ‘Détachement’signifieraient, dans les faits, l’application systématique du salaire du pays du siège social d’une entreprise de transport et ce, partout dans le reste de l’Europe.
Du pain béni pour les transporteurs internationaux issus des pays l’Est, un ‘Waterloo’ pour les transporteurs occidentaux !
3. Cabotage et période de ‘carence’ de 5 jours
S’il est à craindre que les points’ Repos hebdomadaire normal’ et ‘Détachement’ finissent par passer,c’est précisément à cause de la position machiavélique d’Etats tels que la France macroniste …
Avec une période de carence de 5 jours après chaque opération de cabotage, les Macrons et consorts protègent au moins leurs transporteurs nationaux des ‘caboteurs’ étrangers …
Leur calcul est simple : de toute manière, le transport international était déjà perdu pour les transporteurs français …
Dans ce schéma 100% protectionniste, les premiers visés, ce sont évidemment les transporteurs belges !
Avec l’adoption de ces propositions, le ‘paquet routier’, cela reviendra, pour les transporteurs belges à devoir boire le calice jusqu’à la lie …
L’UPTR continue de travailler pour éviter que les transporteurs belges n’héritent de ce paquet- cadeau empoisonné !
L’UPTR a donc repris contact avec le Ministre Bellot, pour lui rappeler combien il fallait se montrer attentif à chaque point de détails et l’inviter à se méfier, comme de la peste, de l’« allié » français. …







